Hôpitaux sous tension en Ille-et-Vilaine : pas d’économies sur notre santé !

Hopital-public-en-crise-amputer

 

Mardi 7 mars les professionnels de santé ont manifesté à Rennes contre la dégradation des services de santé (hôpitaux, Ehpad, secteur de prise en charge du handicap, PMI). Les professionnels de santé de l’hôpital de Fougères ont également fait grève et défilé devant leur établissement. À Vitré, le 16 mars, les infirmiers-anesthésistes se sont mobilisent afin de demander une revalorisation de leur salaire car même avec un diplôme Bac +5  ils touchent un salaire de 500 à 600 euros inférieur à celui d’autres professions médicales de même niveau.

Partout, la situation dans les hôpitaux est critique, au bord de la rupture. Pour l’hôpital public  le gouvernement de M. Hollande prévoit 3 milliards d’économie sur 3 ans d’ici fin 2017 et la suppression de 22 000 emplois. Les outils de casse sont en place. La tarification à l’activité (T2A) rémunère l’hôpital sur la base d’une  typologie complexe (2688 types possibles) des pathologies et de leur prise en charge. Elle rend l’hôpital vulnérable et le contraint à entamer une course à l’activité, à la codification, à la facturation. Les tarifs sont fixés nationalement et ne suivent absolument pas la progression de l’activité constatée dans les hôpitaux.  Il s’agit d’une véritable prise en tenailles. Les professionnels en souffrent. La mise en tension de l’hôpital pour plus d’activité à moyens constants, la réduction à tout prix de  la durée de séjour des patients, la fixation d’objectifs non réalistes, induisent un véritable mal être des soignants. Les professionnels de santé sont attachés à leur métier, à ce qu’ils peuvent apporter aux patients. Il faut pour cela du temps. Les conditions d’exercice de la fonction de  soins à l’hôpital  le permettent de moins en moins. Il faut rompre avec cette logique délétère de l’hôpital/entreprise.

Du point de vue de la santé publique, la T2A basée sur l’activité curative ne motive pas les hôpitaux à  collaborer de façon forte aux actionS de prévention.  La loi de Janvier 2016 qui met en œuvre les Groupements Hospitaliers de Territoires va accroître encore l’instabilité de l’hôpital. Il y aura pour les établissements une réelle perte d’autonomie de décision et de réactivité et une réelle régression dans leur capacité à mette en œuvre une stratégie qui leur soit propre avec en corollaire une croissance  d’une  bureaucratie à faible valeur ajoutée.  En Bretagne, en Ille et Vilaine, la situation est le reflet de ce que vivent les hospitaliers dans l’ensemble du pays.

Le programme de la France insoumise, soutenue par le Parti de Gauche, fait face à cette situation qui ne peut durer. Le tout T2A sera remis en cause. Le programme prévoit, pour soulager les soignants et le corps médical, un plan graduel de recrutement de 62 500 soignants. La prévention sera mise en valeur. La mission de l’hôpital sera confortée par la mise en place dans les territoires de centres de santé de proximité et aussi de médecins généralistes publics pour lutter contre la désertification médicale. Enfin l’ambition  en santé de la France Insoumise est aussi une ambition démocratique pour donner  aux citoyennes capacités à intervenir dans la politique territoriale de santé et sur sa mise en œuvre.